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LA PIERRE GALLO ROMAINE DU PLAN D'AUPS

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Des vétérans romains au cœur de la Sainte-Baume

Après la conquête de la Provence par Jules César, la Sainte-Baume devient une terre d’accueil pour les vétérans de l’armée romaine. Récompensés de leurs services, ils reçoivent des lots de terre et s’installent durablement sur les pentes et les plateaux du massif. Peu à peu, le paysage se transforme : de vastes domaines agricoles, les villae gallo-romaines, structurent l’espace et façonnent le terroir.

Autour de l’actuel Plan-d’Aups-Sainte-Baume, ces exploitations portent des noms encore familiers : Béthanie, Le Plan, La Grande Bastide, Giniez, Les Béguines ou Saint-Cassien.

 

Leur implantation ne doit rien au hasard. Elle répond à une logique précise, fondée sur la proximité des points d’eau indispensables à la vie humaine et animale, ainsi que sur la qualité des sols favorables aux cultures et aux pâturages.

Ces domaines ruraux se placent sous la protection des Matres, les déesses-mères nourricières. Divinités tutélaires de la fécondité et de l’abondance, elles reçoivent prières et offrandes afin d’assurer prospérité, protection et harmonie entre les hommes, la terre et les saisons.

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Une pierre énigmatique sous le porche de l’église

En passant sous le porche de l’église du Plan-d’Aups, le visiteur est attiré par une pierre gravée, massive, adossée au mur. Les lettres, usées par le temps, témoignent d’un passé bien plus ancien que l’édifice chrétien lui-même.

Ce bloc n’est pas un simple élément de construction : il s’agit d’un autel votif antique. À l’origine, il se dressait au lieu-dit Sainte-Germaine, près d’un bassin bordé de peupliers, là où jaillissait une source aujourd’hui disparue. Durant des siècles, la pierre fut réemployée comme « pierre à laver » ; l’eau y coulait quotidiennement, effaçant peu à peu les inscriptions latines sous l’effet des gestes répétés et des intempéries.Signalé dès 1848 par l’abbé Faillon, puis identifié et étudié en 1872 par l’abbé Bargès, l’autel est finalement transporté au village et placé à l’entrée de l’église, où il est encore conservé.

Un autel dédié aux Mères d’Almaha Datée du IIᵉ siècle de notre ère, à l’époque des Antonins, la stèle est contemporaine de la villa gallo-romaine de Giniez toute proche. Classée Monument historique par arrêté du 9 janvier 1929, elle constitue aujourd’hui un témoignage majeur de la présence romaine dans la région.

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L’inscription, restituée sur cinq lignes, est la suivante :

MATRIBUS ALMAHABUS
SEXTUS VINDIUS SABINUS
VOTUM SOLVIT LIBENS MERITO

 

Elle se traduit par :
« Aux Mères Almahae, Sextus Vindius Sabinus s’est acquitté de son vœu de bon gré et à juste titre »,

selon une formule votive très répandue dans le monde romain.

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Almaha, la source et le paysage sacré

Le nom énigmatique d’Almaha semble renvoyer à la source elle-même. Il pourrait dériver d’un ancien toponyme pré-indo-européen, Almis, à l’origine lointaine du nom actuel de Plan-d’Aups. Le culte des Mères d’Almaha inscrit ainsi ce sanctuaire rural dans un paysage profondément sacralisé, où l’eau, la fertilité des terres et la protection divine sont intimement liées.

Quant à Sextus Vindius Sabinus, il demeure inconnu en dehors de cette inscription. Peut-être propriétaire terrien ou notable local, sans doute en lien avec la villa de Giniez, il a souhaité graver dans la pierre l’accomplissement de son vœu. Sa nature nous échappe : guérison, naissance, abondance des récoltes ou prospérité du bétail… autant d’hypothèses qui rappellent les préoccupations essentielles des sociétés rurales antiques.

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Des pierres pour dire la romanité du territoire

Des sondages archéologiques menés par le Centre archéologique du Var, à la demande de l’Écomusée, ont mis au jour des vestiges de cette exploitation antique, confirmant l’importance de l’occupation romaine dans le secteur.

Associé aux villae environnantes et aux découvertes archéologiques, l’autel votif des Mères d’Almaha forme un ensemble cohérent qui éclaire la profondeur historique du Plan-d’Aups-Sainte-Baume.
Parmi d’autres témoins – fragments architecturaux, habitats ruraux, lieux de culte – cette pierre gravée rappelle qu’ici, au pied de la Sainte-Baume, la vie des hommes s’est longtemps organisée autour de l’eau, des dieux et de la terre nourricière.

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PLAN D'AUPS SAINTE BAUME - VILLAGE PATRIMOINE - ESPRIT SAINTE BAUME 

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