
Plan d'Aups Sainte Baume au fil du temps...
2-De l'antiquité à l'époque moderne
Après les temps lointains de la préhistoire la « PAX ROMANA » entraîne en Provence la disparition des oppida et, pour notre région,l’installation dans la riche vallée de l’Huveaune de nombreuses familles de colons romains puis gallo-romains.
La présence de ces populations est aussi attestée sur le Plan d’Aups :
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nombreux tessons de céramique éparpillés par les travaux agricoles
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découverte des vestiges sur la propriété de la Ferme de Giniez d’une habitation assez importante, enfouie dans un champ et qu’une fouille archéologique sommaire fait remonter aux environs du 2° siècle de notre ère.
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de la même époque demeure une pierre gravée, trouvée sur le plateau, avec une inscription par laquelle un certain Sextius Vindius rend hommage aux « mères de l’Almaha »témoignage émouvant de ce culte des forces simples de la nature et de l’eau en particulier, mère de toute vie. Cette pierre a été conservée, valorisée, elle se trouve incluse dans le mur de gauche du porche d’accés à l’église romane Saint Jacques le Majeur (église Saint-Jaume).

-Eglise Romane du XIème siècle Saint Jacques le Majeur (église Saint Jaume)-
Pierre Gallo Romaine dédié aux mères de l'Almaha

Vers l’an 500 quand le monothéisme des chrétiens succède au paganisme romain, ce sont des religieux, envoyés par le fondateur de l’abbaye Saint Victor de Marseille, qui prennent place sur le plateau : un monastère d’hommes à Saint Cassien, un couvent de femmes aux Béguines. L’église Saint Jaume du Plan d’Aups aurait été fondée par ces religieuses cassianites qui s’installeront ensuite à Saint Zacharie.
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415 Arrivée de Jean CASSIEN
"Jean Cassien est née vers 356 en Asie Mineure , il part à seize ans à Jérusalem où il entre comme novice dans un monastère. Influencé par l'idéal des ermites chrétiens au contact des Pères du désert, il s'établit en Egypte. II étudie la vie des divers monastères (cénobites, anachotères ou érémitiques). Ordonné diacre par le patriarche Jean Chrysostome, évêque de Constantinople après avoir passé quelques années dans le désert, Jean CASSIEN quitte l'Egypte pour Rome puis s'établit vers 410 - 415 à Marseille. Il fonde une communauté de religieux dont les thèses s'inspirent de la doctrine bénédictine selon la règle de Saint Benoît. Installée à l'abbaye de Saint Victor, la communauté Cassianite rayonne sur la Provence par la fondations de monastères. II crée le premier prieuré à l'intérieur de Grotte et plusieurs monastères sur le plateau."
Au cours des siècles suivants la tradition des saints de Provence va donner à la grotte et à la Madeleine un éclat exceptionnel dans la chrétienté, perpétuant ainsi le caractère sacré de la montagne depuis la préhistoire.
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Pour la communauté du Plan d’Aups, dès la fin du premier millénaire, elle fait partie des possessions de la puissante abbaye Saint Victor de Marseille. Dans le recueil des chartes de l’abbaye le territoire est d’abord nommé « villa de Almis », « villa » désignant une localité non fortifiée et « Almis » étant la contraction du terme « Almaha », souvenir de la mère des eaux des Gallo-romains. Puis dans les textes « Almis » se transforme en « Aups » et, dès le 13° siècle, le pays devient « le Plan d’Aups » ou parfois « Aups lés la Sainte Baume » pour bien le différencier du village d’Aups dans le Haut Var.


-La Sainte Baume, Montagne Sacrée depuis de la Préhistoire-

Jusqu'à la Révolution c’est donc l’abbaye Saint Victor de Marseille qui est le seigneur « temporel et spirituel » du Plan d’Aups.
Le monastère marseillais, à la suite des nombreuses donations faites par les comtes de Provence, possède en effet la plus grande partie du cours de l’Huveaune, depuis la haute vallée avec Auriol et Saint Zacharie, jusqu'à la mer, où les moines vont assécher et mettre en valeur les marécages de Saint Giniez.
C’est à Saint Victor que les habitants du Plan d’Aups paient leurs redevances et parmi elles surtout :
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le cens qui est le loyer annuel des terres concédées par l’abbaye
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le lods qui est le droit versé à l’occasion d’un changement de propriétaire ou d’une succession
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A chaque changement d’Abbé, les habitants doivent souscrire un acte de « reconnaissance »par lequel ils confirment solennellement qu’ils tiennent leurs terres de Saint Victor. Dans les archives municipales se trouvent les « reconnaissances » faites par tous les habitants en 1560, document d’une grande valeur par les renseignements qu’il apporte sur les habitations, les quartiers et les noms de ces habitants ou propriétaires.
Ces textes et les documents ultérieurs nous montrent un petit pays de 60 à 80 habitants dont les ressources sont modestes :
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la culture du blé, de l’orge et des fourrages est présente, mais en quantités limitées car la situation de ce plateau ne permet pas l’extension des surfaces cultivables
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sur les pentes nord quelques sources permettent l’arrosage de petites terrasses plantées en légumes
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l’élevage est une activité importante. Les textes présentent les habitants comme des « nourriguiers » c’est à dire nourrisseurs ou éleveurs. Moutons, brebis, agneaux sont un excellent moyen d’échange avec le bas pays et permettent quelques rentrées financières. Mais l’étendue des pâturages est également limitée et
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de tout temps les gens du pays se défendent contre le bétail « étranger ». Quelques cochons sont aussi destiné à la consommation familiale.
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la forêt est une autre source de revenus : bois de charpente, utilisation des broussailles en fagots pour les fours, charbon de bois, récolte de la résine des pins très demandée par la construction navale, fabrication d’outils ...
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La communauté est dirigée par un Conseil élu par les propriétaires ou « possédants biens ». Curieusement ce Conseil se réunit non pas au Plan d’Aups mais à Auriol . En effet les possédants biens du Plan d’Aups sont pour la plupart des gens d’Auriol. En 1720 une tentative est faite par quelques habitants pour faire siéger le Conseil au Plan d’Aups . Elle échoue et jusqu'à la Révolution c’est à Auriol que se tiendra le conseil municipal du Plan d ‘Aups.
Ce n’est qu’à la Révolution avec la création des départements en 1791 que la commune du Plan d’Aups, passe dans le département du Var, et récupère son Conseil municipal.
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(c)TEXTES -SOURCES Pour l'Histoire du Plan d'Aups
Victor MOUSSION
Marielle SERRE



