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Le villageois ou le touriste qui parcourt le plateau du Plan d’Aups est bien loin de penser que sous ses pieds sont alignées des couches de charbon en quantité assez importantes pour qu’on en ait envisagé et réalisé l’exploitation. Et pourtant quelques dénominations insolites auraient pu attirer sa curiosité : chemin de la Mine, Grand Puits, col de la Machine, Chemin de fer.... termes particuliers qui témoignent d’une activité industrielle totalement disparue et presque oubliée .

Chemin de la Mine - Grand Puit

Notons avant toute chose que le mot couramment employé de « charbon » est impropre. Il s’agit en fait de « lignite », combustible fossile à forte teneur en soufre et de faible ressource calorique.Ce lignite est le même que celui du vaste bassin minier dit « des Bouches du Rhône » dont le centre d’exploitation est la petite ville de Gardanne. La chaîne de la Sainte Baume constitue la limite sud- est de ce gisement. Mais le soulèvement important du massif au cours des temps géologiques a rompu la continuité des couches de combustible, celles du Plan d’Aups étant fortement décalées vers le haut.
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Reconnu dès le 17° siècle par la présence de « jayet » ou « jais », noyaux de lignite très dur dont on faisait des bijoux modestes, le minerai n’a été exploité qu’à partir des dernières années du 18° siè- cle. Le marquis d’Albertas, seigneur de Gémenos et Premier Président de la Cour des comptes du Parlement de Provence, après avoir acheté sur le Plan d’Aups les terrains nécessaires, fait exécuter des galeries d’extraction sur les versants du vallon de la Brasque par des mineurs allemands, qui sont à cette époque les spécialistes unanimement reconnus en Europe. Le lignite est descendu à dos de mulets vers la vallée de Saint Pons et Gémenos où il est essentiellement utilisé dans les verreries.

-Vallon de Brasque-
La Révolution met fin à cette activité qui va reprendre au 19° siècle.
En 1829 c’est la création par un décret de Charles X de la « Concession du Plan d’Aups » et la prise en charge de l’exploitation par des propriétaires successifs ; Ils vont tous se heurter aux mêmes obstacles :
1. des difficultés dues à l’exploitation elle même
- filons de faible épaisseur, souvent discontinus
- qualité du sous sol rendant fréquentes les inondations des puits et des galeries
- transport difficile car à cette époque le Plan d’Aups n’est réuni au bas pays que par des sentiers muletiers et une seule mauvaise route.
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2. des difficultés commerciales : les problèmes ci dessus font que ce lignite, qui est déjà un combustible de qualité médiocre, arrive à Marseille, où sont les industries susceptibles de l’utili- ser, à un prix trop élevé .
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1829 Ordonnance du Roi Charles X Création par décret de
la concession du Plan d’Aups

En-tête 5
-Carte du Syndicat d’initiative de Gémenos-
On remarquera les mentions ‘Machine’et ‘Chemin de Fer’/ A noter que cette appellation correspond au versant orienté vers Saint-Pons.

-Col de la Machine au pied du Pic de Bretagne-

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-Chemin de Fer-
Coté Gémenos et Coté Plan d'Aups
Archives Dr Victor MOUSSION
Parmi ces exploitants se détache la personnalité de Henri Chauwin, propriétaire de la mine de 1854 à 1867. Comme d’Albertas, Chauwin dirige d’abord ses activités vers la vallon de la Brasque, où il reprend les anciens travaux et fait installer le « Chemin de fer ».
Il s’agit d’une voie étroite sur laquelle roulent des wagonnets chargés de charbon. Une machine à vapeur, installée au col , les tire par une chaîne pour les faire passer du versant Plan d’Aups vers la vallée de Saint Pons.
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Installation ingénieuse, qui ne sera utilisée que pendant quelques mois, car Henri Chauwin en procès avec son gérant, abandonne rapidement le site de la Brasque pour se tourner vers les gisements du plateau. Il prend personnellement la direction de l’exploitation, avec l’aide du géologue Coquand, pro- fesseur à la Faculté des Sciences de Marseille et qui vient d’écrire un remarquable ouvrage sur la géologie du massif.
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Le long du Chemin de la Mine, encore présent de nos jours, s’installe une véritable industrie : des ouvriers-mineurs, jusqu'à 160 avec leurs famille, des bâtiments : logements, entrepôts, écuries, forge, fours à briques et surtout machinerie, car Chauwin utilise cette invention moderne, la machine à vapeur.
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Le lignite est acheminé, tant bien que mal, sur des charrettes par la méchante route de Saint Zacharie dont les ornières transforment les blocs de charbon en petits fragments, de moindre valeur. Finalement, malgré de grands espoirs et pour les mêmes raisons que ses prédécesseurs, Chauwin doit se résigner au dépôt de bilan en 1867.
Après lui, d’autres viendront, sans plus de résultat, mais ce n’est qu’en 1922 que le dernier coup de pioche sera donné dans ces galeries aujourd’hui disparues et oubliées, alors qu’ elles font malgré tout partie du patrimoine de ce pays. La Concession est définitivement arrête en 1987
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Quartier BETTON
Anciens Bâtiments et logements des dirigeants de l’exploitation Minière,
CHEMIN DE LA MINE Actuellement Proprieté Don Bosco de M et MmeAuvray

Les Sites d'exploitation




Victor MOUSSION & Marielle SERRE
©Association pour l’Histoire du Plan d’Aups Sainte Baume -Mai 2007-
©PATRIMOINE SAINTE BAUME 2021




