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Pierre Petit, dit Tourangeau le Disciple de la Lumière

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Présentation du Disciple de la Lumière Pierre Petit, peintre de la douce France et Compagnon Vitrier des Devoirs Unis, dit Tourangeau le Disciple de la Lumière, est né à Sainte Radegonde en Touraine le 20 mars 1910. Après l’école primaire qu’il quitte à 13 ans, ce petit-fils d’un Compagnon scieur de long entre en apprentis- sage chez un maître verrier tourangeau qui va lui apprendre « justement le métier » et surtout à aimer et à faire la « belle ouvrage ». Simultanément, il prépare à l’école des Beaux-arts de Tours, le concours d’en- trée à l’école Nationale des arts décoratifs dont il passera avec succès le diplôme. Durant ses études parisiennes, il suit des cours aux beaux-arts. Après son service militaire, il retrouve sa Touraine où il se fixera définitivement, se consacrant totalement à la peinture puis au vitrail. Là, il va vivre intimement empruntant ses courbes amples et tranquilles et restituant ses couleurs si agréablement et finement tamisées.
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En 1949, le Prix Hallmark et le Prix de la Peinture Contemporaine font de lui un peintre reconnu.
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En 1972, avec « La création du monde », un projet de vitrail destiné à la cathédrale de Troyes, il est promu Meilleur Ouvrier de France et entre en Compagnonnage.
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En 1974, l’ensemble des verrièèes qui illuminent désormais la grotte dela Sainte-Baume, haut lieu du Compagnonnage, lui est confié. Là, il réalise son plus beau et son plus grand chantier, sa « Grande cathédrale de lumière.
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En 1980, il découvre Florence. Les fresques de Fra Angelico le bouleversent et lui inspirent son « testament artistique » qui éclaire la petite chapelle Saint-Michel de l’hôpital de Chinon.
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Le 29 août 1985, à la suite d’un terrible accident de la circulation, il entre dans l’éclatante lumière qu’il avait tant et toujours recherchée.
Son talent était multiple : il aimait les choses simples et vraies de la vie. Avec bonheur, il a donc tout peint, incapable de résister à ce qui l’entourait et l’inspirait : sa famille, les enfants, les amis, les meubles et surtout la nature qui l’interpellait inlassablement. Mais il a peint aussi les murs des écoles dont celui, remarquable, de la salle à manger du C.F.A. de Joué-lèsTours. .. Et il a peint encore des icônes dont celle, magistrale, de l’église de Monts (Indre-et-Loire).
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Un fait s’impose : on ne raconte pas les peintures et les vitraux de Pierre Petit. On les pénètre et on s’y promène, découvrant rapidement qu’ils sont toujours un hymne à la lumière. A cette lumière qu’il essaya de « traquer » toute sa vie et qui l’avait conduit à faire sienne la quête ardente de Léonard de Vinci :
« Plaise au Seigneur, Lumière de toutes choses,
De m ‘éclairer pour que je traite dignement de la lumière ».
-SOURCES-
Hubert Jam
l. Fragments d’histoire du Compagnonnage
- cycle de conférences 1999 publié par le musée du Compagnonnage de Tours en 2000.

La Lumière de la Grotte de Marie-Madeleine par Pierre PETIT
« Mutilée par un monument » que la richesse merveilleuse de la roche s’efforce de faire oublier, la grotte de Marie-Madeleine appelle à l’effort pour imposer un juste et total retour à son authenticité qui est essentiellement dénuement. Très vite, il importe de redonner sa place à la nature et à la vérité. Il faut donc décupler et multiplier nos efforts et faire œuvre compagnonnique en restituant l’humble réalité tant recherchée et si simplement enrichie par la sainte patronne de tous les Devoirants.
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Déjà, le départ a été donné...
En réalisant les vitraux qui marquent les principaux jalons de l’itinéraire de Marie-Madeleine, je me suis efforcé, par le simple jeu des couleurs translucides, de créer une espèce d’enveloppe immatérielle propice au recueillement et à la prière.
Avec et par la seule lumière, j’ai recherché à faire disparaître l’inutile, à gommer la laideur pour mieux aider à faire retrouver l’originel dépouillement de ce haut lieu du Compagnonnage et de la foi.
Avec humilité, comme le veut le respect de nos traditions, j’ai tenté de créer une simple cathédrale de lumière où la subtilité sans cesse renouvelée des jeux colorés ne doit rien à l’homme et ne constitue qu’un rappel de l’éternelle et réconfortante présence de Marie-Madeleine... Ainsi, ai-je longuement recherché que l’ensemble des sept verrières qui éclairent désormais cette cavité naturelle puisse (par la coloration sans cesse changeante que veut et que fait le perpétuel et toujours nouveau déroulement des heures, des jours et des saisons) être pour les pèlerins et les Compagnons : la découverte d’une lumière qui soit préparation à celle de la Céleste Jérusalem...
Ainsi, ai-je longuement recherché que l’ensemble des sept verrières qui éclairent désormais cette cavité naturelle puisse (par la coloration sans cesse changeante que veut et que fait le perpétuel et toujours nouveau déroulement des heures, des jours et des saisons) être pour les pèlerins et les Compagnons : la découverte d’une lumière qui soit préparation à celle de la Céleste Jérusalem...
Ainsi, ai-je recherché, à l’exemple des grandes verrières des XIIe et XIIIe siècles, à écrire quelques nouvelles pages de La Bible des pauvres, mêlant volontairement symboles chrétiens et compagnonniques, et jouant naturellement avec les formes, les lignes et surtout les couleurs pour mieux provoquer la « rencontre » avec la clarté qui est quête passionnée de tous ceux qui refusent le dérisoire et acceptent de vivre leur vérité.
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Une vérité toujours transcendée avec dignité et humilité...
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Aujourd’hui, très simplement, je souhaite que cette création, qui représente pour moi sept années de recherches passionnées et de travail ardent, aide à la méditation ou à la prière, incite à la recherche de la grande certitude de la Résurrection et constitue un peu de cette véritable nourriture spirituelle dont nous avons tant besoin pour surmonter les difficultés d’un monde en crise.
J’espère que le Beau conduira à la rencontre du Vrai.
Simplement, c’est là toute la signification que j’ai voulu donner à mon ouvrage...
A la fin d’un parcours où l’incessante recherche de la lumière vraie a renforcé ma grande certitude et consolidé ma fierté de Compagnon, il me paraît devoir insister auprès de tous mes frères Compagnons :
pour qu’ils entreprennent ce « pèlerinage de la lumière » qui est d’abord retour aux sources.
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A la grotte de sainte Marie-Madeleine, ils saisiront alors mieux la mesure de notre court passage parmi les hommes et, comme moi sans doute, ils y puiseront l’essentiel. Comme moi aussi, ils y trouveront la force simple et tranquille qui les aidera à poursuivre leur œuvre jusqu’à ce que les yeux se ferment pour se trouver en clarté dans ce face à face définitif auquel nul n’échappe et qui doit être lumière : de cette douce lumière infinie qu’éclaire et à laquelle nous convie l’Evangile... »
Tourangeau le Disciple de la Lumière
Pierre PETIT
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